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Livret A et liquidité nationale
Posté par Gilbert Issard le 22.1.2011 @ 10:04 Dans réglementation bancaire, ALM, gestion actif-passif, risque de liquidité, Mon site | Aucun commentaire
Le livret A est le placement sentimental des français. La fameuse “Caisse d’Epargne” symbolise l’épargne populaire, des vertus financières et familiales, la cigale et la fourmi…je m’arrêterai là vous voyez ce dont je parle.
Sur un plan moins sentimental, le livret A donne lieu à plusieurs débats : son taux de rémunération et le degré de centralisation à la CDC.
Le taux de rémunération est crucial pour le niveau de collecte ou de décollecte. L’année 2010 a été une mauvaise année pour la collecte ainsi que l’indique [1] cet article du Monde. La raison est liée vraisemblablement au taux servi qui a été faible en début d’année 2010 (1,25 %) pour remonter ensuite (1,75 % après juillet). Je n’ai pas la preuve du lien entre les deux, même si je la pressens et j’imagine que pas mal d’économistes et ALMistes ont étudié et confirmé l’hypothèse. J’ai aucun doute sur la très forte corrélation entre taux servi et niveau de collecte.
Christine Lagarde annonce que le taux sera remonté. Cette décision n’est pas neutre et vise à capter davantage de la liquidité des ménages qui peut se trouver dans d’autres formes d’épargne et les ré-intermédier, ou en d’autres termes la faire revenir dans le bilan des banques, puis dans les caisses de l’Etat via la centralisation d’une partie à la CDC. En effet, les banques, l’Etat ont besoin de liquidité et la meilleure façon de l’augmenter est de collecter des dépôts. Pour cela, remonter le taux d’intérêt servi aux déposants est la meilleure méthode.
La France a développé une modèle bancaire fondé sur désintermédiation : les banques vendent des SICAV, c’est à dire ne conservent pas les dépôts des clients sur une longue période. En échange, les banques jouaient le rôle de commerciaux pour des sociétés de gestion d’actifs et touchaient des commissions. Ce modèle va changer et je pense que nous sommes en train d’en sortir, contraints et forcés par les questions de liquidité. Les banques et les Etats ont besoin de liquidité, c’est crucial pour la stabilité financière. J’ai par ailleurs suffisamment parlé des contraintes imposées par Bâle III sur la liquidité. Les fonds aujourd’hui dans les SICAV monétaires et obligataires courtes pourraient en sortir pour revenir dans les bilans bancaires, et de l’Etat pour la part centralisée des livrets A.
D’une manière plus générale, je pense que les taux servis sur les livrets (et pas que le livret A qui bénéficie d’avantages fiscaux) vont augmenter. La meilleure façon d’attirer les liquidités aujourd’hui dans les SICAV monétaires n’est elle pas de bien les rémunérer ?
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[1] cet article du Monde.: http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/01/21/le-livret-a-a-collecte-deux-fo
is-moins-d-argent-en-2010_1468944_3234.html
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