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4.7.2010 par Gilbert Issard.
Le (très bon) journal hebdomadaire The Economist a publié une série d’articles sur le problème de la dette qui dépasse de loin la seule zone de l’Europe du sud. L’article sur la fin d’une époque, celle qui considérait qu’il suffit d’emprunter pour vivre mieux, être plus riche, est particulièrement bien écrit, nuancé et riche. Je ne peux qu’en recommander la lecture à tous ceux qui lisent l’anglais.
Le taux d’endettement des ménages, des sociétés, des états a explosé depuis la dernière guerre. Les chiffres donnés par le journal sont impressionnants et inquiétants.
Finalement, l’économie de ces 50 dernières années a été l’économie de l’effet de levier. Le schéma du hedge fund illustre parfaitement ce point. Ils sont apparus à la fin des années 80 et constitue l’apogée et la quintessence de ce raisonnement. Que fait un hedge fund ? il met un peu de capital pour investir beaucoup plus. Les fonds qui lui manquent proviennent de la dette. Lorsque les actifs dans lesquels le fonds a investi ont suffisamment monté, le hedge fund les vend, rembourse la dette et rémunère les investisseurs et les gérants. Supposons que le hedge fund investisse 100 avec 50 de dettes. Si les actifs qui valent 100 atteignent 120, tout va bien. Les 120 remboursent la dette ( plus intérêts) et la rémunération des investisseurs et des intermédiaires est confortable. Supposons que les actifs baissent et ne valent plus que 80. La vente va permettre de rembourser la dette, mais les actionnaires vont perdre.
Jusque là, il n’y a pas trop d’inquiétude à se faire, ce n’est que du risque d’investissement. Mais que se passe t’il si le fonds a levé 80, pour seulement 20 de capital et que les actifs ne valent plus que 70 ? Les investisseurs doivent remettre au pot, ou faire défaut sur leur dette. Pour couvrir leurs pertes ils peuvent alors vendre d’autres actifs. Si le niveau de levier (ou d’endettement) des intervenants est très élevé, une spirale déflationniste peut se mettre en place. Les ventes d’actifs déclenchent une baisse généralisée du marché, ce qui entraine davantage de défaillances vu que le produit de la vente des actifs ne permet plus de rembourser les dettes, etc. Il y a un effet domino indiscutable
Il ne faut pas oublier que la crise de liquidité de 2008 a été déclenchée par la crise des sub-primes, qui s’est déroulée selon ce schéma : trop d’endettement immobilier, des défaillances accrues, qui ont déclenché davantage de baisse immobilière, et ont posé un problème majeur aux prêteurs, les banques, et ainsi de suite.
Mon ami Olivier me faisait cette remarque alors que nous prenions un café à une terrasse ensoleillée de La Défense “l’époque est triste”. J’ajoute uniquement “l’atmosphère est celle d’un lendemain de fête trop arrosée, où tout le monde se réveille avec la gueule de bois et constate les dommages causés par les excès de la veille. Ce ne sont pas les périodes les plus agréables, ni les plus euphorisantes”.
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