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Archive pour juin 2010

Nouvelles de Bale III

Il semble que le lobbying des banques, et du G20 aille dans le sens d’une modification importante du texte initial de Bâle. Les banques seraient elles en train de gagner ? En ce qui concerne le capital et le leverage ratio, ce n’est pas sûr. En ce qui concerne la liquidité, c’est plus net.

Le LCR (ratio court terme à 1 mois) va rester, même si les pondérations seront modifiées, et la composition du coussin (buffer) d’actifs sera élargi vraisemblablement. En revanche, le NSFR a du plomb dans l’aile.

On s’orienterait vers le modèle français : un ratio court terme couvrant le périmètre groupe (et non plus social comme le coefficient de liquidité), et une supervision nationale, à l’instar de la méthode avancée de l’arrêté du 5 mai.

En fait, le futur sera vraisemblablement une méthode avancée sur périmètre consolidé à la française, c’est à dire avec des exigences surtout qualitatives de gestion du risque de la liquidité, complété mais une exigence quantitative via un ratio court terme sur base consolidée.

La vision française est donc à mon sens la bonne, via quelques aménagements.

Maman banque centrale est elle là ?

De quoi le buffer de liquidité peut il être composé ? Le Consultative paper de Bâle sur la liquidité, dont j’ai déjà donné le lien, veut n’y mettre que des titres d’Etat et des titres notés A- au minimum, et éligibles en Banques Centrales.

Très bien, mais une question vient immédiatement à l’esprit : pourquoi que les titres ? En effet, le pool 3G (Gestion Globale des Garanties) qui est le stock d’actifs liquides que chaque banque de l’Eurosystème mobilise auprès de la BCE et permet donc d’obtenir des liquidités très rapidement contre ces actifs mobilisés, contient des titres d’Etats (dont ceux des pays du Sud de l’Europe incluant la Grèce), et des créances privées comme je l’indiquais dans un billet précédent. Le comité de Bâle exclut les créances du buffer, et ne garde que les titres de très bonne qualité (hors actions ce qui pose un autre problème dont je ne parlerai pas ici). Pourquoi ?

Simplement parce que, pour le Comité de Bâle, les Banques ne doivent plus considérer qu’en cas de problème maman banque centrale sera toujours là pour les secourir. Le comité de Bâle souhaite que les Banques soient totalement autonomes et capables de gérer leurs problèmes de liquidité seules, sans l’assurance étatique gratuite.

Les problèmes récents de la zone Euro en général et de certains Etats en particulier montrent que le Comité de Bâle n’a pas totalement tort, quoi que veuille bien en dire les banques, qui font pression pour des conditions plus favorables.

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