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30.4.2010 par Gilbert Issard.
M. Barnier, commissaire européen au marché intérieur et aux services (dont les services financiers), vient de donner une interview au journal Les Echos : “Je réfléchis à l’idée d’une agence de notation supplémentaire, qui serait européenne”.
La fin de l’interview est intéressante, surtout par ce qu’elle sous entend, plus que par ce qu’elle dit explicitement
L’Europe a-t-elle tiré les conséquences de la crise, notamment à propos des agences de notation ?
Au-delà de la situation grecque, je pense que le paysage des agences, compte tenu de leur importance, est très concentré dans quelques mains.
Je réfléchis, sans improvisation, à l’idée, la faisabilité et à la valeur ajoutée d’une agence supplémentaire, qui serait européenne.
Par ailleurs, d’autres évaluations pourraient être faites sur l’usage de la notation dans l’appréciation des produits financiers. En particulier, il faut peut-être réfléchir sur le point de savoir si notre réglementation prudentielle doit s’appuyer aussi largement sur ce type de notation.
Il y a là, dans cette dernière phrase, la question du rôle et du contrôle des agences de notation, tant dans l’appréciation du bon niveau de capitalisation des banques via la réglementation européenne mettant en oeuvre Bâle II que dans l’éligibilité des actifs en banque centrale dans le système de refinancement de la zone euro et la politique monétaire européenne.
Les politiques semblent réfléchir et travailler sur le sujet. C’est a priori une bonne nouvelle.
La pudeur et la retenue de M. Barnier me laisse penser que les européens se rendent compte qu’il faut faire changer les choses, mais discrètement.M. Barnier préfère mentionner le sujet, mais ne pas l’expliciter. Je trouve cela dommage et je préfèrerais que le débat soit posé de manière ouverte. A t’il peur de la réaction des citoyens européens ? et en particulier ceux du sud ?
Le sujet est délicat, certes, mais pourquoi ne pas reconnaître une inadaptation du système actuel ? Après tout, il y a 5 ans, personne ne songeait à discuter le bien fondé de l’utilisation des notations externes dans la détermination du capital des banques ou dans le système monétaire européen.
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