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février 2010
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Archive pour février 2010

Bâle va t’il tuer la banque ?

C’est la question qui se pose dans tous les établissements, face au dernier “consultative paper” du Comité de Bâle intitulé “Renforcer la résilience du secteur bancaire” et du consultative paper sur la liquidité “Cadre international pour la mesure, les normes et le suivi du risque de liquidité”. Une analyse quantitative d’impact est lancée, avec réponse demandée pour fin avril. Les principales banques françaises sont dessus, et votre serviteur aidera l’une d’elle à remplir la partie liquidité.

Ce papier propose une définition plus stricte du capital, introduit le fameux leverage ratio, ainsi que l’Incremental Risk Charge (IRC) qui vise à prendre en compte les “mauvaises” corrélations sur les portefeuilles de trading, revoir au passage des aspects du risque de crédit traité dans Bâle II, et enfin, introduit une mesure quantitative et une contrainte pour le risque de liquidité.

Les banques devraient respecter un niveau de ratio court terme (LCR pour “Liquidity Coverage Ratio”) et un niveau de ratio long terme (NSFR Net Stable Funding Ratio) supérieur à 100 %. Le LCR se mesure comme le rapport entre un buffer d’actifs très liquides, strictement défini, et les cash flows de trésorerie nets à moins d’un mois. Le NSFR mesure le rapport entre un financement stable sur un besoin de financement stable, à 1 an. Les postes du bilan et hors bilan pris en compte sont stressés, de manière très forte, à tel point qu’il est bien difficile pour les banques de le respecter en l’état, et les contraintes imposées pour les respecter rendraient les activités bancaires pour la plupart non rentables.

Qu’il y ait une volonté d’encadrer davantage les banques après les catastrophes récentes semble de bon aloi, mais les conséquences tuent le métier bancaire. Les conséquences négatives portent autant sur la banque de réseau que la banque de marché.

Ceci a de quoi surprendre car l’encadrement semblerait nécessaire surtout sur la banque de marché or celle ci n’est pas la seule concernée et loin de là. La transformation bancaire deviendrait impossible. Or il suffit d’ouvrir n’importe quel bouquin de macro-économie ou de politique financière pour savoir qu’elle est un rouage essentiel dans le bon fonctionnement d’une économie de marché. La transformation consiste transformer les dépôts en crédits, selon le vieil adage de banquier “Les dépôts font les crédits”. Or sans transformation plus de crédit, et donc plus d’économie moderne. Les répercussions d’une application du texte bâlois en l’état seraient catastrophiques sur nos économies.

Le lobbying a commencé pour faire évoluer ce texte. Nous verrons ce qu’il en sortira.

Réguler, certes, tuer et étouffer, certainement pas !

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