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30.1.2010 par Gilbert Issard.
S’il est une notion fondamentale lorsqu’il s’agit de comprendre la gestion de la liquidité bancaire en général, c’est bien celle de liquidité implicite et de liquidité explicite. Il s’agit en l’occurrence d’un cadre conceptuel malheureusement pas toujours maîtrisé, or passer à coté risque de faire rater le sujet général.
Vu de loin, une banque ce sont des crédits et des dépôts. Il y a des flux qui rentrent, correspondant à l’arrivée à échéance des crédits (disponibilités) et les flux qui sortent de la banque à l’échéance des dépôts (exigibilités). Cette analyse fonctionne pour les opérations de trésorerie (money markets), pour les opérations de marchés de capitaux et activités de trading, c’est déjà moins vrai. J’en veux pour simple preuve le cas des appels de marge sur dérivés : vous détenez une position de dérivé quelconque, genre instrument dérivé à terme, mettons…une position sur future actions genre CAC40. Tous les jours, votre position est revalorisée aux conditions de marché du jour et l’impact s’il est négatif donne lieu à paiement d’un appel de marge. Ce mouvement de trésorerie sortant de la banque est de toute autre nature qu’un flux de trésorerie de type : remboursement d’un dépôt à terme. Il n’est pas possible de prévoir longtemps à l’avance ce flux et encore moins, le couvrir.
La seule façon de faire est d’emprunter du Jour le jour (JJ) pour ajuster en attendant demain. Alors qu’il est possible de prévoir les décalages de maturité (maturity mismatches en anglais) pour bon nombre d’opérations, autant ce n’est pas possible pour tous les flux. Cette distinction entre liquidité explicite pour laquelle on sait longtemps à l’avance quels flux entrent et sortent et à quelle date, et liquidité implicite pour laquelle il n’est pas possible de raisonner en flux certain est cruciale pour bien modéliser, comprendre et gérer la liquidité.
Il y a une liquidité qui se gère en flux : la liquidité explicite et une autre qui se gère en solde: la liquidité implicite. Il ne faut pas sous-estimer la liquidité implicite. Une grande banque internationale qui a une activité de marché importante peut avoir des appels de marge très importants, de l’ordre du milliard d’EUR, voire plus en cas de forte fluctuation du marché.
Il y a un lien entre les deux types de liquidité, car une échéance non anticipée ni matchée devient rapidement un problème de liquidité implicite. Tout l’art de la gestion de trésorerie et du risque de liquidité est de trouver un équilibre entre explicite et implicite, et s’aménager des marges de manoeuvre pour ne pas se retrouver avec un “mur de liquidité” impossible à franchir et qui fait tomber la banque, l’exemple Northern Rock l’a montré.
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16.1.2010 par Gilbert Issard.
Je ne résiste pas au plaisir de cet extrait, tiré du film préféré de ma fille aînée, qui l’ayant revue récemment m’en a parlé. du coup je l’ai revu. Il se trouve qu’il permet de bien comprendre comment se produit une crise bancaire, un “bank run”, une course aux guichets. Tout y est, un régal. Ce film est un chef d’oeuvre, toujours aussi agréable à regarder.
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6.1.2010 par Gilbert Issard.
Une demande a été laissée sur le blog, pour me demander des documents que je conseillerais. Sur le coup, je n’en ai pas donné, ne sachant pas quoi conseiller. Un ancien client avec qui je suis en contact, plutôt spécialiste des outils et des architectures de systèmes d’informations m’a contacté avec une demande similaire, pour l’aider à prendre un nouveau poste.
Le premier document auquel j’ai pensé est une étude qui date un peu dans ses conclusions mais qui reste tout à fait pertinente dans ses aspects analytiques et didactiques de la banque. Il s’agit d’un livre blanc publié par la Commission Bancaire en 1999 : “le livre blanc sur la mesure de la rentabilité des activités bancaires” . En particulier les analyses sur les TCI et leur lien avec les activités de contrôle de gestion est remarquable, ainsi que la présentation des indicateurs de suivi et de pilotage bancaire.
Pour la Gestion Actif-Passif, j’aime bien l’ouvrage de mon ami Alexandre Adam qui travaille à l’ALM de BNP Paribas “handbook of Asset and Liability Management: From Models to Optimal Return Strategies”. il est complet et a été écrit par un vrai spécialiste, qui a travaillé son sujet et possède une expérience très concrète du métier. Celui de Frachot est pas mal, même s’il est plus ancien.
En ce qui concerne la gestion, et dans un registre plus technique, je conseillerais le livre avec macros Excel “advanced modelling in finance using Excel and VBA” qui permet de comprendre en utilisant Excel, et qui m’a appris beaucoup sur la programmation en VBA sous Excel.
Pour le risque de crédit, en complément du livre blanc qui est une bonne introduction généraliste, un(e) étudiant(e) aura intérêt à ouvrir et potasser “Credit Risk modelling using Excel and VBA”. Il est très complet : les scorings y sont, les modèles Bâle II sont bien expliqués, ainsi que les CDS et la structuration. Ce n’est pas un livre pour débutant, faites attention, il décolle très vite.
Sur la VAR, le bouquin de Jorion est bien : “Value at Risk : the new benchmark for managing financial risk”. Il est une bonne introduction, mais peut être complété par des bouquins plus mathématiques pour la mise en oeuvre.
Enfin pour le pricing d’options, il est courant de faire référence au Hull. Bof…je ne suis pas fan…trop théorique à mon goût et pas assez proche des réalités des salles de marchés, mais il est souvent cité, alors…
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