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novembre 2009
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Archive pour novembre 2009

Le retour de Carry Trade

et non, il ne s’agit pas d’un western qui vient de sortir sur nos écrans ou un grand classique avec John Wayne dans le rôle du gentil-un-peu-bourru-mais-qui-a-un-grand-coeur. Quoique, cela pourrait tourner de nouveau au western, sait on jamais, la finance ressemble parfois au far-west. Les banques se sont refaites une santé et affichent de brillants résultats en cette fin d’année. Les banques américaines surtout. Cette vigueur renouvelée ne cache t’elle pas une prise de risque importante, qui risque de se finir mal si l’on n’y prend garde. En d’autres termes, je me demande si ce n’est pas trop beau pour être vrai.

Carry Trade veut dire littéralement “portage de transaction” en français. Il s’agit de la plus vieille technique financière qui soit, celle qui a existé depuis que la finance et la banque existent. Elle n’en reste pas moins d’actualité. De quoi s’agit il ?

Vous achetez un titre, et vous le portez. Vous n’avez pas les fonds, et vous empruntez donc au jour le jour sur le marché interbancaire. Vu le niveau des taux actuels, vous pouvez gagner de l’argent sans trop de difficultés apparentes : le jj (EONIA) est à 0.35%, l’année à 1.2% environ. Vous achetez un titre long, vous le refinancez court et vous empochez la marge facile non ? oui et non. Car le risque peut être colossal. Si le JJ remonte brutalement, le retournement peut être terrible pour les bénéfices.

courbe-taux-20-nov-09.jpg

Pour l’instant peu de risques, il s’agit de résorber et juguler la crise, relancer l’économie, donc tout va bien. Les banques centrales, le FMI ont inondé le marché de liquidité. Viendra forcément le jours où elles vont essayer de repomper pour assécher un peu le marché et éviter le risque inflationniste. Les résultats des banques pourraient alors être moins brillants et florissants.

Vous allez peut être m’objecter qu’il y a des VAR en vigueur partout, et surtout chez les banques européennes depuis 97 et la CAD (Capital Adequacy Directive). Vous auriez à la fois raison et tort. Raison car si les portefeuilles sont suivis et encadrés en VAR le petit jeu du carry trade trouve tout de suite sa limite, et tant mieux. Mais qui vous oblige à mettre tous vos portefeuilles en VAR ? Il existe bien des moyens de passer sous les radars. C’est bien cela qui m’inquiète à moyen terme.

De retour après un mois très chargé sur la liquidité

Je viens de terminer un mois chargé, stress-tests de liquidité émanant de la Commission Bancaire à rendre à la fin du mois d’octobre oblige. Le délai était très court, mais c’est fait.

Ces travaux portaient sur la mesure d’un impact potentiel de 3 scénarios de crise de liquidité sur les groupes bancaires. Ces scénarios étaient calibrés par le SGCB (Secrétariat Général de la Commission Bancaire) et portaient sur l’ensemble du groupe. Pour mémoire, le ratio 88-01 de liquidité ne porte que sur un périmètre social, ou pour le dire de manière moins comptable, sur le périmètre bancaire excluant les filiales qui répondent en leur nom. Ceci pour dire que les données à collecter sont beaucoup plus larges et partant, plus longues et difficiles à trouver.C’est une des nouveautés de l’exercice.

Ces 3 scénarios sont : un scénario de crise de confiance sur la solvabilité de l’établissement (également appelé crise idiosyncratique), une crise de marché et un mixte des deux.

Le scénario de crise spécifique se caractérise surtout par une fuite de 10% des dépôts des particuliers, 25% des dépôts des entreprises clientes, un maintien de l’activité des crédits et des reconsolidation de véhicules tiers et conduits.

Le scénario de crise de marché consiste essentiellement en une fermeture tout ou partielle du marché interbancaire (hors collatéralisé)  et des émissions de TCN (CD ou CP).

En face de ses liquidités qui disparaissent, il s’agit de voir si les actifs de très bonne qualité que détient la banque : qu’il s’agisse de créances ou titres mobilisables auprès de la banque centrale contre liquidité, ou des titres susceptibles d’être mis en repos ou cédés sur le marché, permettent à l’établissement de faire face et survivre. Cette auto-assurance contre le risque de liquidité dont dispose la banque est elle suffisante ?

Mené à l’échelle d’un groupe international, l’exercice est difficile et demande beaucoup de travail, notamment de collecte et de calibrage de l’information.  Malgré tout, les résultats sont riches et instructifs. Ils obligent l’établissement à se poser des questions sur ses marges de manœuvre en cas de crise de liquidité, sur le dimensionnement de son programme de refinancement, de sa diversification de ressources et l’équilibre entre les ressources clientèles et les ressources interbancaires.

Réunir des chiffres, estimer l’impact de scénarios de crise permet de mieux connaitre son sujet et d’anticiper ; en d’autres termes, de mieux gérer et piloter le risque.

Fatiguant, éprouvant mais passionnant.

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