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Archive pour 18.9.2009

Prévoir les défaillances bancaires

C’était il y a presque un an, rappelons nous. Dexia était au bord de la faillite, et sans l’intervention des états français et belges, cette institution n’existerait plus. Il y a eu Northern Rock, Lehman, et d’autres. Ces problèmes auraient ils pu être anticipés et prévenus ?

Les ratios réglementaires dit Tier 1 étaient pourtant bons dans tous les cas. Alors ? Ils ne servent à rien ? Pourtant, Bâle II avait pour but de renforcer la solidité du système bancaire international. Faudrait il mettre ces systèmes et dispositifs d’encadrement des risques aux oubliettes ? pas si simple.

Il faut d’abord remarquer que les banques américaines sont encore à Bâle I, qui est beaucoup plus fruste que Bâle II. Leurs ratios de solvabilité doivent donc être regardés à la loupe et les comparaisons avec les banques européennes ont leur limites de ce fait. Par ailleurs, il faut reconnaitre que les banques européennes ont globalement mieux tenu le choc que leurs consoeurs outre atlantique, et outre-manche.

Bâle II a comme première limite de reposer beaucoup trop sur les agences de notation externes (Moody’s, S&P, Fitch) et le AAA d’un montage ne veut en définitive rien dire sur la qualité et le risque réels dudit montage.

Mais surtout, toutes les banques qui ont eu des problèmes, avaient toutes en commun une dépendance dangereuse vis à vis des marchés monétaires à court terme. Northern Rock, Dexia financaient des crédits longs, voire très longs puisqu’il s’agisssait de crédits hypothécaires ou aux collectivités locales. Ces actifs étaient refinancés à 3 mois majoritairement. Leur emprunts interbancaires étaient des repos. Des titres étaient donnés au prêteur en garantie, en échange des fonds. Ces titres jouent le rôle de sécurité car en cas de défaillance de l’emprunteur, le prêteur garde les titres et peut les revendre. En théorie, le risque est donc nul pour le prêteur des fonds, qui refinance l’établissement bancaire. Or, à un certain moment, même via repos, ces établissements n’ont pu se refinancer. Que s’est il passé ? Pourquoi personne ne voulait plus prêter, même avec des titres donnés en garantie ? parce que les titres eux mêmes ne valaient plus rien. Ils avaient beau être AAA, ils ne valaient rien. Il est vrai qu’il s’agissait majoritairement de pools de créances hypothécaires pourries. Et puis, lorsque la dette à court terme devient trop importante, et qu’il n’y a presque plus que cela dans le passif de la banque, c’est inquiétant. L’effet de boule-neige des réticences du marché et son manque de confiance s’auto-alimentant n’a fait qu’accélérer la chose.

Alors comment faire ? Comment surveiller et prévoir les défaillances ? Sans doute, en complétant les ratios Tier 1 ou Leverage Ratio d’un encadrement de la structure de transformation en liquidité de la banque.  Le ratio 88-01 servait à cela même s’il était insuffisant. L’évolution du coût de la dette, exprimé comme un spread au-dessus de l’EURIBOR est un indicateur avancé clé, tout comme le CDS.

La méthode avancée du nouveau dispositif du risque de liquidité en cours de mise en place au sein des banques françaises,  ne mentionne pas d’indicateurs quantitatifs obligatoires, je le regrette. Peut être la Commission Bancaire (CB) attend elle de voir ce que vont faire les banques françaises et faire évoluer le dispositif, car il est manifeste qu’il devra être précisé, dans se modalités de mises en oeuvre.

En tout état de cause, disposer de mesures quantitatives de la transformation du type :

  • encours du refinancement à moins d’un mois / total passifs
  • encours du refinancement à plus d’un an / encours des actifs à plus d’un an
  • etc.

est indispensable

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