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Archive pour 3.6.2009

Pilotage de la liquidité et information du trésorier

Lorsque j’ai découvert l’ALM au début des années 90, au CCF (banque qui n’existe plus, rachetée par HSBC) j’ai travaillé avec la trésorerie, sur tous les aspects de mise en oeuvre de la politique de couverture du risque de taux du banking book et de la liquidité globale. J’ai eu la chance de rencontrer un Monsieur alors proche de la retraite, Monsieur Denoux, qui m’a appris le métier du trésorier. Il m’a pris sous son aile, et m’a montré, enseigné et je lui en suis reconnaissant. Certaines rencontres apportent énormément, tant sur le plan humain que professionnel. Celle-ci fait partie de cette catégorie.

Il avait commencé sa carrière à 16 ans dans les années 50 ou 60, dans la banque comme employé à la Caisse Centrale, là où on compte les billets. Et à l’époque, l’argent liquide circulait plus qu’aujourd’hui.  Il m’a appris d’où vient l’expression argotique “une brique” qui désigne un million. Une liasse de billet neufs, de 500 FRF, qui a la forme d’une brique, faisait un million de francs. L’argent liquide, sous forme de billets neufs, ne prend que fort peu de place.

Il se méfiait de l’informatique, et tenait sa position de trésorerie, alors le compte Banque de France, sur un cahier ressemblant aux livres calendriers qu’utilisent les commerçants pour enregistrer les commandes. Il avait tenu la comptabilité de la banque sur livre papier, avec écritures à la main, alors les ordinateurs…. J’ai fini par le convaincre qu’il était possible de faire confiance à ces machines, mais il m’a fallu du temps.

J’ai aussi appris de lui l’importance des systèmes d’information pour la gestion de la liquidité. Un trésorier ne voit que les entrées et les sorties de fonds sur son (ses) comptes courants. L’origine du mouvement n’est pas donnée. L’annonce de trésorerie informe de la sortie de fonds, ou de l’entrée mais pas du motif. Parfois le trésorier emprunte sur le marché pour couvrir le solde (comme on dit) sans savoir si le besoin provient d’un retard de paiement, d’un décalage de dates ou d’une opération à long terme.

Les seuls à avoir l’information sont les chaînes en amont, les systèmes opérants ou les applications métiers. Si une émission d’actions est portée par la banque pour un montant significatif de plusieurs centaines de millions, pour une durée de plusieurs semaines, le trésorier n’a aucun moyen de le savoir.  Parfois Monsieur Denoux passait sa journée à fouiner, appeler pour savoir à quoi correspondait la sortie. L’ALM est rapidement devenue pour lui une source de données primordiale et cruciale, car pour gérer la liquidité, il est nécessaire de récupérer l’intégralité des positions et de les analyser. Ainsi, le trésorier peut identifier les besoins de financement et savoir si pour les couvrir, il est nécessaire d’emprunter à JJ ou à 1 mois, ou à 5 ans.

La seule limite des outils ALM dans cet usage est la fréquence de rafraichissement des données collectées. Un trésorier travaille sur une position quotidienne, l’ALM sur une base mensuelle. Arriver à mettre à jour l’information mensuelle pour aider le trésorier à piloter une liquidité courte pose des problèmes techniques et oblige à des solutions originales, au cas par cas. Cela oblige à comprendre ce qu’est le métier de refinancement, mais également la tuyauterie, les sytèmes de paiement et leur organisation.

Les réponses ont changé du fait des évolutions technologiques, mais sur le fond, la problématique reste toujours la même.

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