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6.5.2009 par Gilbert Issard.
Les taux ont baissé, et même bien baissé sur la partie courte de la courbe, qu’il s’agisse de l’Euro, du dollar ou de l’USD. Il y a un an, début mai 2008, l’EURIBOR 1 an était à 5,43 %, il est aujourd’hui 1 an après à 1,71 %.
La baisse est importante, elle montre que les tensions sur la liquidité interbancaire se sont résorbées. La question de la liquidité est elle pour autant reléguée à l’histoire ? Je ne le crois pas.
Certes, les banques centrales ont montré à quel point elles peuvent agir sur les marchés interbancaires et l’économie dans son ensemble. C’est un progrès indéniable dans la gestion des marchés. Malgré tout, plusieurs leçons peuvent être tirées, qui incitent à la prudence et à ne pas abandonner les chantiers ouverts sur le sujet de la liquidité.La liquidité bancaire semble être revenue, elle ne paraît pas pour autant stable.
D’abord, la crise récente a montré la vélocité de la liquidité. La liquidité peut s’assécher à un endroit pour se réfugier en un autre à une vitesse que personne n’avait réellement prévue. Un marché peut se fermer du jour au lendemain, celui du RMBS qui a fait tomber la banque Northern Rock en est l’exemple le plus frappant. Le dogme était auparavent qu’un repo est le moyen le plus sûr d’obtenir de la liquidité et une garantie de refinancement en cas de crise ponctuelle du marché. Cela s’est avéré faux. La qualité du papier est prépondérante, et la réflexion doit intégrer cette dimension.
Ensuite, la principale différence entre la crise de 29 et celle de 2007 se situe dans le processus de fragilisation du système bancaire. En 29 comme en 2007, il y a eu “Bank Run”, ou pour le dire en français une course pour retirer ses fonds des établissements sur lesquels pesaient de gros doutes de solvabilité. Néanmoins, alors qu’en 29 les petits épargnants et déposants ont couru retirer l’argent laissé sur leurs comptes courants, en 2007 ce furent les banques qui réalisèrent le “bank run” entre elles. La course au dépot des particuliers ne s’est réellement produite que pour Northern Bank, (on se souvient de ces photos jamais vues depuis 1929 de particuliers faisant la queue sur le trottoir pour vider leurs comptes). Il y a eu la crainte de la répétition de ce scénario mais les Etats et les banques centrales ont pu calmer le jeu. Ce d’autant plus que les dépôts des particuliers ne sont plus la principale source de refinancement des banques, en particulier en France.
Comment éviter le “interbank run”, la course au retrait des dépôts interbancaires ? Telle est aujourd’hui la question qui doit rester dans les esprits des directions financières de banques, car nous avons évité le pire mais il pourrait y avoir une autre crise. Ces travaux là ne sont pas terminés, et en fait, ils ne sont qu’entamés. Attendons désormais les conclusions des régulateurs.
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