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Var et ALM

Posté par Gilbert Issard le 13.4.2009 @ 20:08 Dans gestion des risques, gestion actif-passif, Mon site | Aucun commentaire

La VAR est un outil standard de gestion du risque de marchés, qu’il s’agisse de risque de taux, de change, actions ou même de crédit. Il est extrêmement efficace et permet un bon encadrement des risques de trading.

La VAR (ou Value At Risk, valeur en risque pourrait on traduire) se définit comme le montant de la pire perte à un horizon de temps qui sera dépassée avec une probabilité (faible) fixée a priori. Pour le dire de façon symétrique, la VAR est le montant maximal de perte qui ne sera très probablement pas dépassé sur un horizon de temps. Ainsi, dire que la VAR à 10 jours 1% est de 100 m€ revient à dire que la perte maximale des portefeuilles ne dépassera pas 100 m€ sur 10 jours avec une probabilité de 0,99.

Cette mesure doit sa popularité essentiellement à sa facilité de compréhension et à la possibilité qu’elle offre d’agréger des risques sinon hétérogènes.Facilité de compréhension, car elle donne au management un chiffre unique de perte maximale, sous certaines conditions. Il est donc facile de :

  • fixer une limite en VAR (même si sa traduction en limites opérationnelles n’est pas si immédiate)
  • décider de réduire le risque ou pas, de couper les positions,
  • considérer que tout va bien.

au vu de l’évolution quotidienne de la VAR des portefeuilles.

LaVAR permet d’agréger des risques hétérogènes, car le montant de pertes peut être calculé sur des portefeuilles d’obligations, d’options, de crédit, de positions de change, d’actions, etc. Ainsi la VAR permet de donner une mesure des risques de marché pour toute la banque.

L’outil est aujourd’hui bien rodé techniquement, il existe des outils éprouvés sur le marché pour la mesurer, différentes méthodes plus ou moins sophistiquées selon la nature des positions. Je ne m’étendrai pas ce n’est pas mon propos.

La VAR n’a été conçue que pour mesurer des risques de marché, c’est à dire des produits négociables, et négociés. La VAR se calcule à partir de distributions de valeurs d’actifs sur l’horizon de temps a priori déterminé. Je trouve plutôt surprenant de voir cet outil de mesure appliqué à des risques de gestion Actif-Passif. Et pourtant, nombreux sont les établissements qui encadrent et fixent des limites aux services de gestion actif-passif au moyen de VAR. Les propositions en cours de détermination du  capital économique à attribuer aux risques de taux ALM sont souvent fondées sur des calculs de VAR. Ces méthodologies me laissent perplexe.

La gestion actif-passif du risque de taux vise à stabiliser une marge sur un horizon de temps moyen ou long, généralement de 1 à 5 ans.  La VAR est une mesure à court-terme, fondée sur des lois de probabilité dont la pertinence sur des horizons long est loin d’être avérée.

Par ailleurs, la VAR mesure une perte de valeur, pour des portefeuilles négociables, alors que la gestion actif-passif se préoccupe de portefeuilles d’actifs et de passifs gardés jusqu’à l’échéance, comme les crédits ou les dépôts de la clientèle ; appliquer une VAR à des portefeuilles non négociables me pose un problème de fond. La VAR ne mesure pas un risque de marge, mais de valeur alors que c’est l’inverse pour l’ALM. Là encore, il me semble qu’il y a incompatibilité de méthodes.

Il fallait une méthode pour calculer un capital économique à la gestion actif-passif, la VAR permet d’obtenir un chiffre, certes. mais celui-ci a t-il pour autant un sens ? j’en doute.


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