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27.4.2009 par Gilbert Issard.
Avec l’extension à l’international des grands groupes bancaires, la question des positions de change prend un tour nouveau. Les turbulences économiques, et les problèmes que peuvent rencontrer les succursales et filiales à l’étranger ne peut que rendre la question d’autant plus d’actualité. Les difficultés en Europe de l’Est et les fluctuations considérables de certaines devises comme le rouble, n’a fait que mettre encore davantage le risque de change sur le devant de la scène. Il s’agit de la grande question d’actualité pour les banques, après le risque de liquidité. Lorsqu’on sait que bon nombre d’emprunteurs des pays de l’est, et en Iceland, ont jugé bon de s’endetter dans des devises fortes, pour bénéficier de taux d’intérêt bas, il n’est pas difficile d’imaginer la situation lorsque les changes sont défavorables, et que la stabilité d’une “quasi” zone euro n’est somme toute que très théorique. Le gain sur les taux d’intérêt est rapidement négligeable face aux pertes liées à des cours de change défavorables.
A cette question de conjoncture, il faut ajouter que les positions de change et leur bonne gestion est moins simple qu’il n’y parait. On s’imagine que la question est simple, et elle en a effectivement l’air : j’achète des USD, je vends de l’EUR. Si l’USD monte, je gagne et s’il baisse je perds…certes. La réalité est cependant un peu plus complexe.
D’abord et avant tout, connaître sa position de change implique de partir des données comptables. Les positions de change ne proviennent pas que des opérations de cambistes.Prenons le cas de participations en USD, une filiale américaine d’une banque française : le règlement a été effectué en USD, mais d’où proviennent ils ? d’un emprunt en USD ou d’une opération de change contre EUR ? selon la réponse, la position de change n’est absolument pas la même. Qu’en est il des dividendes ou résultats de cette filiale ? dans quelle devise sont ils versés ? à quel rythme ? comment sont ils incorporés aux résultats consolidés du groupe ? Il y a beaucoup d’autres questions connexes, qui montrent à quel point nous sommes loin d’une opération de cambiste dans une salle de marché.
Si l’on ajoute que certaines devises ne sont pas convertibles, on comprend vite que la question de la position de change est subtile.
Et puis, de quelle position de change parlons nous ? d’une position sociale ou du groupe tout entier ?
Ces positions de change peuvent le cas échéant être couvertes au moyen de dérivés : NDF (Non Deliverable Futures) ou swaps de change, mais alors, la norme comptable du résultat latent de ces couvertures permet elle de les considérer comme des couvertures et non pas des instruments de marché ? en local GAAP peut être, mais qu’en est il des comptes consolidés publiés en IAS ?
Ces questions sont d’actualité, et avec elles, la question de la mesure, du pilotage et du contrôle du risque de change. La question est dans les faits, moins simple qu’il n’y paraît de prime abord.
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21.4.2009 par Gilbert Issard.
Début mai, la Fed va donner les résultats des stress-tests effectués sur les bilans (et hors-bilans) des banques. Ces stress-tests doivent permettre de tester la solidité des banques, et leur niveau de fonds propres face à des chocs exceptionnels mais pas impossibles. Les banques qui ne satisferaient pas les tests devraient alors se recapitaliser. Les marchés le permettront ils ou faudra t’il que l’état américain y remette de sa poche ? la question préoccupe évidemment pas mal de monde. Si certaines banques comme Godman Sachs ou JPMorgan n’ont pas trop de souci à se faire qu’en est il des autres, plus malades. Quel sera l’ampleur des dégats ? Nul ne le sait encore et les spéculations vont bon train.
Quoi qu’il en soit, l’intérêt des méthodes de stress-tests et de mesure des fonds propres par la mesure des risques n’est pas discutée ici. C’est une bonne chose, car certains analystes de la crise voyaient dans ces méthodes de mesure des risques une faille du système. Certains vont même jusqu’à remettre en cause le principe de Bâle II, et en particulier des méthodes IRB (Internal Rating Based approaches). Ce serait une catastrophe et un retour en arrière qui ne se produira pas, je l’espère.
Je suis le premier à critiquer certains modèles, et leurs fondements empiriques, mais ne nous trompons pas de cible. La logique d’évaluation de l’exigence des fonds propres au moyen de modèles sophistiqués de mesure des risques doit perdurer. Le système a été trop loin, a mis en oeuvre des systèmes peu robustes ni fiables, ce n’est pas une raison pour jeter le bébé avec l’eau et remettre en cause l’ensemble de l’édifice ou de la logique financière sous-jacente.
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13.4.2009 par Gilbert Issard.
La VAR est un outil standard de gestion du risque de marchés, qu’il s’agisse de risque de taux, de change, actions ou même de crédit. Il est extrêmement efficace et permet un bon encadrement des risques de trading.
La VAR (ou Value At Risk, valeur en risque pourrait on traduire) se définit comme le montant de la pire perte à un horizon de temps qui sera dépassée avec une probabilité (faible) fixée a priori. Pour le dire de façon symétrique, la VAR est le montant maximal de perte qui ne sera très probablement pas dépassé sur un horizon de temps. Ainsi, dire que la VAR à 10 jours 1% est de 100 m€ revient à dire que la perte maximale des portefeuilles ne dépassera pas 100 m€ sur 10 jours avec une probabilité de 0,99.
Cette mesure doit sa popularité essentiellement à sa facilité de compréhension et à la possibilité qu’elle offre d’agréger des risques sinon hétérogènes.Facilité de compréhension, car elle donne au management un chiffre unique de perte maximale, sous certaines conditions. Il est donc facile de :
au vu de l’évolution quotidienne de la VAR des portefeuilles.
LaVAR permet d’agréger des risques hétérogènes, car le montant de pertes peut être calculé sur des portefeuilles d’obligations, d’options, de crédit, de positions de change, d’actions, etc. Ainsi la VAR permet de donner une mesure des risques de marché pour toute la banque.
L’outil est aujourd’hui bien rodé techniquement, il existe des outils éprouvés sur le marché pour la mesurer, différentes méthodes plus ou moins sophistiquées selon la nature des positions. Je ne m’étendrai pas ce n’est pas mon propos.
La VAR n’a été conçue que pour mesurer des risques de marché, c’est à dire des produits négociables, et négociés. La VAR se calcule à partir de distributions de valeurs d’actifs sur l’horizon de temps a priori déterminé. Je trouve plutôt surprenant de voir cet outil de mesure appliqué à des risques de gestion Actif-Passif. Et pourtant, nombreux sont les établissements qui encadrent et fixent des limites aux services de gestion actif-passif au moyen de VAR. Les propositions en cours de détermination du capital économique à attribuer aux risques de taux ALM sont souvent fondées sur des calculs de VAR. Ces méthodologies me laissent perplexe.
La gestion actif-passif du risque de taux vise à stabiliser une marge sur un horizon de temps moyen ou long, généralement de 1 à 5 ans. La VAR est une mesure à court-terme, fondée sur des lois de probabilité dont la pertinence sur des horizons long est loin d’être avérée.
Par ailleurs, la VAR mesure une perte de valeur, pour des portefeuilles négociables, alors que la gestion actif-passif se préoccupe de portefeuilles d’actifs et de passifs gardés jusqu’à l’échéance, comme les crédits ou les dépôts de la clientèle ; appliquer une VAR à des portefeuilles non négociables me pose un problème de fond. La VAR ne mesure pas un risque de marge, mais de valeur alors que c’est l’inverse pour l’ALM. Là encore, il me semble qu’il y a incompatibilité de méthodes.
Il fallait une méthode pour calculer un capital économique à la gestion actif-passif, la VAR permet d’obtenir un chiffre, certes. mais celui-ci a t-il pour autant un sens ? j’en doute.
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