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28.3.2009 par Gilbert Issard.
L’acharnement de la classe politique sur les dirigeants de la SG et leur rémunération me met mal à l’aise. Pourquoi la SG et pas BNPP, ou le Crédit Agricole ? Et Natixis, qui annonce avoir versé 90 millions d’euros en bonus à ses traders, alors que la banque est soutenue à bout de bras par l’Etat et qu’elle annonce dans le même temps supprimer encore 166 emplois après un plan social ? Pourquoi Madame Lagarde ne s’en prend elle pas non plus à Chevreux ?
Pourquoi prendre des poses morales, la main sur le coeur, avec un air indigné et se lancer dans de grandes tirades ? Pourquoi vouloir légiférer alors qu’il existe un moyen très simple : la fiscalité ?
Comme s’il y avait un contentieux à régler avec la SG, et ses dirigeants en particulier. Les patrons de la SG ne sont pas des saints, ni des anges, mais cet acharnement dirigé exclusivement contre les dirigeants de la SG me semble disproportionné.
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20.3.2009 par Gilbert Issard.
Le CEBS (Committee of European Banking Supervisors) vient de publier un rapport intermédiaire sur la gestion de la liquidité au sein des banques et insititutions financières. Il est le fruit des travaux d’experts européens, issus principalement des principales banques, dont Agathe Zinzindohoue de l’ALM SG chez qui je travaille en ce moment.
Ce rapport vise à cadrer les réflexions sur la liquidité court-terme. Il est acquis que la réflexion doit se différencier en termes de méthodologie, selon qu’il s’agit de la liquidité à court-terme et la survie de la banque en cas de “trou d’air” et le pilotage à moyen et long terme. Ce rapport ne traite que la partie courte, d’où son titre : “Liquidity Buffers & survival periods”.
Cet aspect est crucial. En effet, le premier objectif de toute gestion de la liquidité est de pouvoir survivre à une période d’illiquidité. Comment se refinancer en cas d’urgence, si le refinancement interbancaire courant est impossible ? Quels sont les plans de secours de la liquidité ?
Le rapport n’apporte pas de lumières ni des réflexions totalement novatrices, susceptibles de bouleverser les approches partagées par les spécialistes. Néanmoins, il fixe les idées, met par écrit et donne un cadre de réflexion qui fait avancer les choses.
La prochaine étape est le “consultative paper” qui devrait sortir dans quelques semaines, ou mois. Le sujet avance en permettant à toutes les parties prenantes d’adopter un langage commun et une vision cohérente.
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18.3.2009 par Gilbert Issard.
La prise de conscience qu’il est indispensable de bien gérer la liquidité ne date pas des années 2000. Afin de correctement gérer une banque il faut correctement gérer la transformation en liquidité et en taux.
Les années 80 ont mis sur le devant de la scène la gestion du risque de taux pour les banques, avec les gaps (ou impasses) de taux. La gestion actif-passif s’est donc focalisée essentiellement sur cette question, avec son corolaire le TCI (Taux de Cession Interne) ou FTP en anglais (Fund Transfer Pricing).
Il s’agissait alors essentiellement de :
La liquidité des grands établissement ne posait guère de problème et à dire vrai, lorsque j’ai commencé dans la gestion Actif-Passif, tout le monde mentionnait le gap de liquidité pour aussitôt se focaliser sur le gap de taux, qui retenait l’essentiel de l’attention et des efforts.
La crise a montré à quel point, la liquidité est cruciale. Sans doute, entre temps, le développement des techniques de titrisation, la place de plus en plus importante prise par les marchés, gros consommateurs de liquidité, obligent à remettre la liquidité sur l’ouvrage.
Les principaux établissements s’y attèlent en ce moment. C’est le sujet de cette année. Les outils de mesure doivent être repensés, mais surtout, l’élargissement des groupes bancaires à l’international, et la complexité croissante des produits (CDO, RMBS, etc.) mais aussi la part des actifs toxiques dans les bilans bancaires posent des problèmes de données.
Il y a encore du travail, des sujets à explorer, et des projets à mener.
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12.3.2009 par Gilbert Issard.
J’ai été contacté par deux sociétés pour mener des missions dans des pays hors d’Europe.
Le premier contact est venu de Londres pour aller travailler à Dubaï pour 1 an à 1 an et demi sur un projet de mise en place de l’ALM. Le deuxième d’une société de Singapour qui souhaitait m’embaucher. Ayant 4 enfants qui font des études en France, je ne me vois pas me relocaliser. En tout cas, pas pour le moment.
Mes contacts chez les éditeurs de logiciels ALM m’ont confirmé la tendance actuelle. Les pays arabes, mais surtout les pays comme la Corée, la Thaïlande, Singapour, sont en train de mettre en place les systèmes de mesure et de contrôle des risques ALM déjà bien rodés en Europe. En particulier, ils veulent profiter de l’expérience des européens, travailler et anticiper sur les questions de liquidité. Il y a un transfert d’expérience et d’expertise en cours.
La finance asiatique et arabe se muscle et prend de plus en plus d’importance. Elle commence à jouer dans la même cour que les américains et les européens. Je le sens à mon niveau.
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1.3.2009 par Gilbert Issard.
Il est difficile de comprendre l’histoire allemande sans avoir en tête que la préoccupation principale a toujours été la frontière de l’est, celle avec l’empire Russe, puis le bloc communiste, et maintenant avec les pays d’europe de l’Est et centrale, ainsi que la Russie. Cette préoccupation est désormais également celle de l’UE.
La situation financière des pays de l’Est est préoccupante, le graphique publié par le FT est instructif et fait froid dans le dos s’il est exact, or les journalistes du FT ont la réputation d’être des gens sérieux, et le FT de donner des informations fiables.
L’exposition des banques française s’élèverait à 4,8 % du PNB, soit 147 milliards d’USD. C’est colossal. Bien sûr, toutes les créances ne sont pas pourries, mais un risque systémique existe. Toutes les banques sont exposées, pas uniquement les banques allemandes, autrichiennes ou islandaises. Les pertes potentielles seraient comprises entre 0,8 et 28,9 Giga USD pour les seules banques françaises.
Ce qui se passe à l’Est dans les semaines et mois à venir va être crucial pour l’avenir de l’Union Européenne, car n’oublions pas, bon nombre d’entre eux en font partie. Notre capacité à gérer la crise va être déterminante.
Il y a des instants décisifs, je pense que nous, européens, en vivons un.
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