Le cadre de fonctionnement des marchés et le paradigme sont identiques depuis 20 ans. En revanche, les processus de mesure des risques ont considérablement évolué, et ceci a entrainé une évolution dans la nature des risques.
Le cadre conceptuel le plus approprié est celui du vivant : les risques évoluent comme une bactérie ou un virus évolue au fur et à mesure que de nouveaux moyens de l’éradiquer apparaissent. Les risques financiers sont des êtres vivants en constante évolution qui s’adaptent au fur et à mesure que les techniques de gestion des risques et de couverture évoluent.
Ce changement de nature du risque financier provient de l’acte même de couverture du risque. Les produits financiers dérivés sont la clé de la compréhension de la situation actuelle et de l’évolution des crises financières. Les premiers furent les futures de taux d’intérêt, ou ce qu’on appelait lorsque j’ai commencé à travailler : les instruments à terme. La force et l’intérêt d’un dérivé est de vous permettre d’isoler un risque particulier et de vous en défaire. Un swap de taux vous permet de ne plus avoir de risque de taux sur votre crédit, en revanche vous conservez la liquidité (et le risque qu’elle représente) du crédit. Vous pouvez de même couvrir le change, un risque de conversion ou optionnel, etc. Cela étant dit, en couvrant vous transformez le risque du produit initial. Si vous couvrez un crédit à taux fixe avec un contrat de taux d’intérêt à terme, vous transformez le risque de taux à long terme en risque de taux court terme.
Les risques peuvent être ainsi transformés, mais pas éliminés. En tout cas, pas tous et pas définitivement, il ne faut jamais l’oublier. Il n’existe pas de position sans risque, jamais, jamais. Qui l’oublie, s’expose à terme plus ou moins lointain à une catastrophe.
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